vendredi 25 septembre 2009

A Kick Outside

This is the News ! #2 : "The Big Machine", Emilie Simon

Après avoir posé le point final à mon roman "Déchéance d'un Eunuque Obèse", j'avais comme qui dirait besoin d'un peu de légereté. Comme il paraît que le nouveau disque d'Emilie Simon est de sortie, mon intermède vaporeux était tout trouvé. D'autant que la donzelle m'avait intrigué dès son premier album, car non contente d'avoir le plus joli visage de la musique française, elle avait réussi à donner une consistance à ce que l'on pourrait qualifier d'électro-pop, tout en faisant preuve de beaucoup de goût (reprenant Stooges et Velvet Underground). Trois disques d'intérieur parfaits pour les après-midis pluvieux. Et me voilà en présence de "The Big Machine".

Et première surprise, c'est effectivement de grosses machines qu'il s'agit. Des machines qui cognent mais ne respirent pas, des machines qui remplissent sans aucun groove. En deux mots comme en cent, les arrangements sont tapageurs, lourdauds et surtout impersonnels. Où sont passés les cordes aériennes et les choeurs éthérés qui faisaient une grande partie du charme des productions précédentes ? Deuxième surprise, la façon de chanter de Mlle Simon a significativement évoluée... Les murmures soufflés sans y toucher ont disparus pour une voix certes étonnante de maîtrise technique, mais dont les intonations sont décalquées sur celles de Kate Bush. Et quand c'est à ce point flagrant, on prend immanquablement le risque de la comparaison, et dieu sait qu'il est difficile de se mesurer à l'auteur de "The Kick Inside".

Et pourtant, "The Big Machine" est très loin d'être un mauvais album, peut être le plus abouti en termes d'écriture. Le chant suit des lignes magistrales et pousse les chansons vers des progressions dantesques de toute beauté.. Sauf que si les intonations peuvent être prises comme un hommage à une illustre aînée, les arrangements plombent tout, vraiment, et c'est à mon sens un immense gâchis. En laissant de côté ses tendances "Féerie dansante des Sirènes", en gagnant en accessibilité, Emilie Simon a perdu en singularité. Mais comme pourrait le dire notre exemple à tous Mick Jagger, peu importe l'album si la tournée rapporte de la thune.

mercredi 23 septembre 2009

Spasmophilie Mainstream

This is the News ! #1 : "The Boy who knew Too Much", Mika

Autant le dire tout de suite, à la base je ne voulais pas dire de mal de la musique de Mika. Parce qu'il représentait pour moi le côté enthousiasmant des artistes Universal, se posant comme la digne figure de proue d'une pop légère mais qui a de l'allure. Certains titres de son précédent album m'ont spontanément collé un sourire d'abruti bienheureux, j'en ai même failli porter des fringues vert pomme. Et il faudrait être un aigri en phase terminale de snobisme pour nier l'efficacité de chansons comme "Grace Kelly", "Love Today" ou "Stuck in the Middle". On en oublierait presque les morceaux qui sonnent comme des chutes de studio d'un High School Musical quelconque.

Mais déjà le single du nouvel album m'avait refroidi avec son refrain pompier. Et après écoute de l'intégralité de "The Boy who knew Too Much", pas de sourire, pas d'entrain, rien. Juste le sentiment que l'industrie du disque est vraiment en train de se casser la gueule. Cet album est une collection de chansons sitôt écoutées sitôt oubliées, mais surtout d'où l'on a retiré l'espèce de candeur et d'innocence allègre qui se dégageaient de "Life in Cartoon Motion". Ou la désagréable impression d'écouter un produit plus qu'une oeuvre.

Reste plus qu'à appeler mon vieux pote John Travolta, pour lui annoncer que définitivement, son costard blanc et sa chemise à col pelle à tarte peuvent rester au placard, que l'heure n'est plus au lever d'index et que la mort de la disco demeure le plus grand cataclysme dans l'histoire de la pop dansante. "Je sais", qu'il me répond, "j'ai pris quinze kilos et filé tout mon fric à la scientologie".

mercredi 9 septembre 2009

I've seen my Head expand

Top 5 albums remplis de Reverb

Dans la continuité des Trailer Trash Tracys, cinq albums qui résonnent :

1 - The Jesus and Mary Chain, "Psychocandy".

Une esthétique bruitiste au service de grandes chansons. Un traumatisme majeur pour toute une génération de musique britannique, qui hélas gardera surtout le bruit au détriment des chansons.

2 - The Cure, "Pornography"

Peut être pas le meilleur album des Cure, mais dans le genre sombre, c'est un mètre étalon. En ce qui me concerne, je ne me suis jamais remis de "The Figurehead".

3 - The Cramps, "Psychedelic Jungle"

Une collection de morceaux purements jouissifs, un côté série B du rock'n'roll qui fait des Cramps un des meilleurs remèdes à la morosité ou la mauvaise humeur.

4 - Cowboy Junkies, "The Trinity Session"

Une réverbération en partie naturelle, puisque cet album a été enregistré dans une église. Mou du genou pour certains, enchanteur et magistral à mon sens.

5 - Cocteau Twins, "Treasure"

Le style en refroidira un bon nombre, mais n'en demeure pas moins assez unique et plutôt envoûtant pour qui veut bien se laisser porter.

lundi 31 août 2009

Holy Grail Candy

Myspace band review #1 : Trailer Trash Tracys


Des gens de bon conseil m'ont aiguillé vers ce groupe au single assez miraculeux. Jugeons plutôt : ce truc avait tout pour être repoussant, trop de reverb, un côté boîte à fantasmes pour rêveurs un peu niais, et pourtant... Impossible de ne pas tomber sous le charme. Bon, l'analogie avec Twin Peaks ayant déjà été pondue par d'autres, il va falloir trouver autre chose pour parler des Trailer Trash Tracys et du titre "Candy Girl".

Un groupe londonien, donc, emmené par une chanteuse qui se prend pour un ange susurrant aux esgourdes de pauvres âmes qui errent entre doutes et espoirs. Parce que ce titre est un matelas sonore idéal pour tous les types de divagations, saines et moins saines, prosaïques ou oniriques. Et quand on s'adosse et qu'on regarde le plafond, on s'en fout du maniérisme affecté, on raisonne globalement, et on se laisse envelopper par le flot cotonneux de sonorités denses. Et là, toute personne qui n'a pas épuisé son capital émotionnel pourra réveiller son romantisme de bas étage, en se souvenant que c'est parfois agréable de garder un côté béat.
La face B a l'air de tenir la route aussi, single disponible le 14 Septembre.

mardi 10 mars 2009

2009, année érotique ?

Autant le dire tout net, l'année 2009 a mal commencé. Parce que personne n'a été foutu de retrouver le corps de Ron Asheton assez tôt pour qu'il ait une mort présentable, parce que Lux Interior n'a pas démenti l'annonce de la sienne, et parce que c'est pas un nouvel album de Bloc Party qui va me consoler.

Donc, en ce beau jour pré-printanier me vient une idée foireuse. Et comme une idée foireuse est une idée quand même, et qu'elle ne va pas me coûter grand chose, je me retrouve à créer un blog, un vrai, pour parler de musique. Parce qu'on est jamais assez pour parler de musique, parce que c'est en confrontant la diversité des goûts qu'on arrive à trouver des disques qui changent des vies.

Ce qui signifie que par la présente, j'annonce que moi, Zizi Stardust, en mon âme et conscience, vous ferai part de mon rapport à la musique sous des formes hétéroclites et putassières, totalement subjectives, avec d'évidents parti-pris et de la mauvaise foi quand c'est nécessaire. Attendez vous à critiques et comptes rendus, playlists et top 5 en tous genres, et advienne que pourra. Hallelujah.
Meet me down on Heartattack and Vine